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La digitalisation s’invite dans le secteur du BTP, un tournant numérique impérieux

26 mai 2021

 

Plus que par souci du confort, c’est une transition nécessaire pour la pérennité du secteur, l’amélioration de sa productivité et l’assurance d’une sécurité accrue sur les chantiers. Nombre d’études constatent même un retard problématique du secteur en matière de digitalisation, entraînant par la même occasion des problèmes de retard, de rentabilité et de productivité. Rappelons que les besoins en espaces urbains sont en haute constante, l’ONU prévoit que la population grandissante devrait habiter à hauteur de 68% les espaces citadins d’ici 2050. La productivité des chantiers et leur rapidité sont donc des enjeux importants, mais seront rendus impossibles sans l’apport sérieux de la digitalisation dans un futur proche. Il est impératif de considérer que le recours à ces techniques digitales va sûrement connaître un bond à cause de la pandémie, qui a imposé le recours au télétravail et la diminution radicale des rencontres physiques entre professionnels. Dynamiser la croissance de l’industrie est le but, et les moyens digitaux sont des passerelles vers l’objectif que nous allons aborder dans cet article. 

 

 

Le BTP, un secteur en mutation

 

Le BTP, bien que concerné aux mêmes titres que nombre d’autres secteurs, s’est engagé dans la voie du numérique assez tardivement. Cela a alors provoqué des retards sur plusieurs niveaux, de la productivité à la gestion administrative, en passant par la relation client, la sécurité et la pénibilité des chantiers. Le changement des mentalités est alors passé par un besoin concret d’innovation, grandement motivé par les difficultés rencontrées avec la pandémie et l’arrêt brusque de beaucoup de chantiers, une prise de conscience collective du besoin d’aide d’un secteur en désarroi et pourtant pilier de l’économie. 

Ces solutions sont proposées par les soins du travail de start-ups qui multiplient les alternatives aux modes de fonctionnement actuels. Leur concentration converge vers la durabilité et le cycle de vie d’un bâtiment, depuis son chantier jusqu’à sa reconversion ou sa démolition. C’est le principe d’éco-construction, un bâtiment est maintenant pensé sous le prisme de son adaptabilité, c’est-à-dire sa capacité à répondre aux besoins d’aujourd’hui et du futur, sa capacité à changer de fonction avec le temps. Il est nécessaire que toute nouvelle construction soit capable d’évoluer, passant par exemple d’une fonction de bureaux à la fonction de logements sans trop de difficultés. 

Depuis le stade de projet, la réalisation des plans, la construction, l’exploitation, et finalement la fin de vie du bâtiment, tout doit être pensé comme favorable à l’environnement. Les nouvelles constructions sont aussi le sujet de critères de performance de plus en plus strictes pour réduire au mieux le bilan carbone français, soit l’émission de gaz à effet de serre générés par l’activité professionnelle, émissions auxquelles le secteur du bâtiment participe activement puisqu’il représente dans les faits 28% des émissions de dioxyde de carbone nationales. C’est toute la construction qui est repensée, de telle sorte à favoriser la bioclimatique d’un bâtiment, c’est-à-dire prendre en compte son exposition solaire, la circulation de l’air et autres critères pour limiter les recours au chauffage et à la climatisation. La construction durable est le fruit d’une éco conception qui englobe la production des matériaux depuis le début de la chaîne de fabrication. Elle conçoit cette production avec un impact environnemental minimal et surtout une prise en considération du cycle de vie des matériaux et leur potentiel recyclable. 

Cette nouvelle approche du secteur a formé une nouvelle génération d’artisans, des professionnels de toutes sortes, qui ont évolué dans le contexte de la digitalisation. Les attentes de leur clientèle ont d’ailleurs évolué, les forçant tous à adapter leur business-model aux mutations numériques. Pour renforcer la sécurité sur le terrain ou organiser au mieux toute la préparation antérieure, le numérique devient indispensable pour les artisans et leurs boîtes, son utilisation permet de rester compétitif, voire même ambitionne de réduire les fossés séparant les petits artisans des géants de l’industrie. Pour converger vers cet objectif, plusieurs outils numériques sont disponibles et de plus en plus courants.

 

 

Les outils numériques au service du BTP
 

En tête de la révolution numérique du bâtiment, certes tardive, on trouve l’émergence de plusieurs outils digitaux et collaboratifs. Les chantiers sont le fruit d’une collaboration étroite entre plusieurs corps de métier dont la coordination est essentielle pour la bonne réussite du projet. Pour ce faire, il existe des dispositifs intelligents, au premier rang desquels on retrouve le BIM (Building Information Modeling). À traduire par modélisation des informations du bâtiment, le BIM, est un outil de modélisation des données du bâtiment qui révolutionne la conception, la construction et l’exploitation des bâtiments et des infrastructures. Il permet aussi d’améliorer la prise de décision et les performances tout au long du cycle de vie des projets de construction. Cet outil propose un dispositif intelligent basé sur un modèle 3D qui offre aux professionnels de l’architecture, de l’ingénierie et plus globalement du secteur du BTP, les informations nécessaires pour planifier, concevoir, construire puis gérer plus efficacement des bâtiments et des chantiers. 

Ces gains de temps et de visibilité sur le chantier riment également avec hausse de la productivité et de la rentabilité. Cette nouvelle expérience du BTP, qu’on peut nommer construction connectée, permet concrètement de modéliser un projet de construction afin d’y ajouter les différents paramètres qui le régissent et les différentes informations qui vont contribuer à son avancée. Ainsi la prévision des risques de sécurité est plus aisée, les tâches peuvent être automatisées, les calendriers seront mieux respectés. 

La modélisation d’un chantier permettra à tous ses membres de contrôler la qualité de ce dernier en temps réel, à partir d’un appareil mobile, leur permettant d’effectuer des inspections de qualité voire de signaler des problèmes en direct. Le tableau de bord issu de tous ces différents rapports va fournir une vue globale des problèmes du chantier, et permettra de prendre des décisions plus avisées. Si on ajoute à cette gestion de la qualité la gestion de la sécurité, la constructibilité, la demande d’information et de soumission, on obtient un logiciel d’étude qui permet de corriger les erreurs de conception, les omissions, ou les imprécisions qui sont la cause principale de retouches chantier et donc de coûts supplémentaires, voire de retard. 

Cette méthode est devenue une composante clé dans l’engagement des nouvelles constructions et est aujourd’hui adoptée par environ la moitié des acteurs du BTP, et a l’ambition de conquérir l’intégralité de la filière. À travers son plan BIM 2022, l’Etat montre sa volonté d’encourager l’intégration de ce système dans les stratégies digitales des entreprises du secteur pour le futur.

 

 

Fluidifier l’administratif, le tout numérique

 

 Outre les aides au chantier, les artisans peuvent également disposer d’outils digitaux spécialisés dans la bureaucratie et l’administratif. Ces outils sont accessibles en ligne, et donc depuis n’importe quel support et depuis n’importe où, afin d’accroître la productivité des artisans, l’idée étant d’optimiser les délais. La myriade de logiciels à leur service leur permettra de gérer l’administratif en un rien de temps. 

En ce qui concerne la facturation, le logiciel en ligne OBAT peut permettre aux petites comme aux moyennes entreprises d’alléger leurs charges administratives. Cet outil leur permettra d’émettre des devis, des factures, de faire des suivis commerciaux, de calculer les taux de TVA… leur épargnant un temps précieux. Il existe également de nouveaux modèles comme Finalcad ou BulldozAir qui se concentrent sur la mise en pratique de nouvelles méthodes de travail afin de faciliter le pilotage et le suivi du chantier, encore une fois le but est ici de coordonner tous les acteurs afin de maximiser la productivité. 

Il existe par ailleurs un outil numérique de grande importance pour les particuliers autant que pour les professionnels, à savoir les plateformes de mise en relation. Ces plateformes comme helloArtisan, un réseau d’artisans, ou Archionline, un réseau d’architectes, ont pour volonté de mettre en relation les deux parties d’un projet. 

Ces plateformes s’imposent comme des tiers de qualité qui trient l’offre comme la demande pour mettre en relation les professionnels du bâtiment avec la clientèle. 

Ces plateformes proposent aux professionnels une visibilité accrue, la possibilité de gagner une clientèle nouvelle, et celle de s’affranchir de certains impératifs administratifs telles que les signatures de contrats. Quant aux clients, ces plates-formes se proposent de trier les professionnels avec lesquels ils vont traiter, afin de les rassurer dans leur choix et de les guider, mais également de comparer les prix et de les diriger vers des professionnels adaptés à leurs besoins, à leur zone géographique, à leur domaine d’activité, et aux types de travaux qu’ils souhaitent entreprendre. Ces outils en plein essor participent grandement à une nouvelle dynamique digitale et numérique dans le secteur du BTP.

 

 

Le numérique, c’est aussi un outil de terrain

 

Une partie plus essentielle du secteur du BTP reste évidemment les chantiers et leurs lots de travail physique et manuel, aux conditions parfois pénibles. Sur d’immenses chantiers le futur s’invite déjà par l’intermédiaire d’outils connectés : la géolocalisation, qui permet de partager des informations sur une position à risques donnée, les semelles connectées, au confort incomparable et capables d’envoyer un signal d’urgence en cas de chute de l’ouvrier, la réalité virtuelle, qui permet de simuler des situations bien réelles afin d’améliorer les conditions d’entraînement. 

On peut également évoquer les utilisations de drones pour analyser le terrain et parfaire la phase de préparation de chantier, ou l’emploi, certes encore rare, d’exosquelettes qui déchargent l’ouvrier d’une immense pression dans la charge d’objets lourds. 

Tous ces nouveaux outils, et de nombreux autres qui restent à inventer, ont la possibilité de faire évoluer le secteur du BTP vers des chantiers aux risques minimaux, réduisant drastiquement le nombre d’accidents du travail, et améliorant les conditions des ouvriers et artisans. Cette évolution du secteur vers des chantiers connectés ne se fera pas en l’espace de quelques années, surtout lorsqu’on considère que le BTP apparaît comme le secteur le moins digitalisé et l’un des moins productifs d’un point de vue économique malgré une croissance annuelle de 2,3 %. Cependant, les débuts sont prometteurs et le tournant du numérique est bien entamé, ce qui nous permet d’affirmer que cette diffusion digitale et sa démocratisation sont sur une pente ascendante. Les intelligences artificielles, le machine learning, la réalité augmentée, la robotique, les drones, les imprimantes 3D, la numérisation… tant d’outils que le secteur pourra mettre à profit dans les prochaines années s’il veut rester compétitif à l’international et pourvoir aux besoins croissants de logements.

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